THÈME
LA VÉRITÉ :
"Quand et comment
dire la vérité, ou la taire ? La solution adoptée peut souvent révéler la
différence entre la véritable intégrité et l'absence d'intégrité." (page
70 des réflexions de Bill)
L'AVIS D'UN MEMBRE."
Bonjour à tous,
La vérité ! Bon
sang ! Quel immense sujet !
La vérité :
"caractère de ce qui est vrai : adéquation entre la réalité et l'homme qui
la pense..." dit déjà le Larousse...
Dès le départ, il n'y a
donc pas de valeur absolue. Dès la définition on est dans le domaine de l'interprétation.
A ce point que dès
cette définition aussi, on se rapproche d'un autre sujet vaste : l'honnêteté.
En effet on peut très
bien "regarder la réalité et être en adéquation avec soi-même" en se
trompant lourdement.
Je ne vois de valeur
absolue au mot que dans l'expression "dire la vérité", c'est à dire
"rapporter ce qui est vrai".
Toute ma conduite
d'alcoolique actif a été un long parcours où "la vérité" de la
réalité était tronquée.
Avant de reconnaître
que j'étais alcoolique, je le savais fondamentalement. Je n'avais de
comportements aberrants que dans ce cadre, je m'esquivais de la maison s'il y
avait une émission de T.V sur l'alcool, je ne supportais pas qu'on me parle
d'alcool, je buvais en cachette pour tromper mon entourage sur ma consommation
pour qu'on dise "Il ne lui en faut pas beaucoup pour être saoul" etc.
Tout mon parcours actif
a donc été un parcours de contre-vérités. J'arrivais même à me mentir à
moi-même...
L'accession à
l'abstinence a été un des premiers pas vers une "adéquation entre la
réalité et ce que je pensais" comme dit plus haut.
Enfin le masque
tombait. J'étais alcoolique et - enfin - je le reconnaissais avant d'essayer de
l'accepter.
Le chemin de
l'abstinence est un chemin de "vérité-honnêteté" assurément.
Mais alors il y a la
vérité des choses que l'on pense ou des idées qu'on se fait.
Et la, on arrive au
subjectivisme même, si une parfaite honnêteté est convoquée. La vérité de l'un
n'est pas la vérité de l'autre.
La confiance mise dans
le groupe et dans le programme peut nous faire progresser dans des notions de
vérité qui ne seront pourtant jamais absolues. Toutes les religions ou autres
idéologies ont consacré des "dogmes" ( en vérité des diktats
indiscutables ) pour contester les données qui quittaient une ligne de pensée
préétablie et fatalement un peu courte, puisque non-ouverte au débat.
C'est la force de notre
mouvement que de ne pas en avoir élaboré.
L'abstinence pour moi
m'a apporté le soulagement de tenter d'assurer ( le plus souvent ) le sentiment
réconfortant d'être vrai avec moi-même, ce qui n'avait pas existé auparavant.
Pour ne nombreux
sujets, je suis en quête de vérité... Je recherche en fait ce qui sera le plus
apaisant pour mon esprit. Et comme je ne suis pas simple du tout, la vérité que
je crois trouver n'est jamais simple, elle non plus.
L'essentiel n'est pas
que j'aie raison ou que j'aie tort. L'essentiel est que je sois vrai.
Sans me morfondre ni me
renier moi-même...
Et en acceptant
l'autre... dans "sa" vérité...
Bon dimanche à tous,
Jacques