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THÈME:

"Comment vivez-vous votre sexualité depuis votre abstinence ?"

 

L'AVIS D'UN MEMBRE :

 

 En physique, la force d'attraction entre deux objets portant des charges opposées est proportionnelle au produit des charges et inversement proportionnelle au carré de leur distance.

 

 Au physique, c'est plus délicat de vouloir mettre la sexualité en adéquation avec le programme d'autant qu'on est généralement deux dans cette histoire! Je comprends les réticences et les pudeurs de certains amis et je ne m'étendrai pas sur la façon dont je peux mettre ma zigounette dans sa foufounette, l'important étant d'y trouver un plaisir partagé entre adultes consentants.

 

Dans le cadre de la sexualité, je parlerai plutôt de ce qui a évolué dans ma tête.

18 ans en 68, mariage à 22, j'étais déjà en plein dans l'alcool et la défonce et nos infidélités réciproques ne m'arrangeaient pas ou me servaient de prétexte à des beuveries festives et d'oubli!

Quand ma femme m'a quitté au bout de 13 ans, j'ai réellement épousé la "fonce dé", préférant le quick d'un bon rail ou une soirée généreusement arrosée aux frissons partagés. Ce fut ma période de tous les excès mais pas pour la sexualité.

Complètement marginalisé, je ne pouvais que rencontrer que des gens en marge et on avait d'autres choses à partager. De temps à autres, il fallait bien que les gonades exultent, mais ces souvenirs sont vagues, ils font partie de mon ancienne vie et restent entachés d'un égoïsme profond où l'intérêt primait sur la tendresse, mes dépendances prenant le pas sur tout.

 

 Depuis mon abstinence, ma sexualité me parait moins désespérée, Éros et Thanatos ont pris de la distance

. Habité par une Puissance Supérieure qui me sécurise, je ne me sens plus désespérément seul au fond de moi-même et j'ai retrouvé une sexualité plus ludique et plus sereine. Ce n'est plus ce cri jeté à la face de l'univers mais plutôt la recherche d'un apaisement après une excitation commune, c'est la musique de deux corps qui jouent l'un de l'autre pour le plaisir des cieux.

Désormais à l'écoute du désir de ma partenaire, je suis passé de l'exutoire à l'exultation. J'ai besoin de sa jouissance pour assouvir la mienne et c'est dans l'unisson de nos plaisirs que je trouve ma satisfaction. Je ne tire plus mon coup, j'essaie de faire l'Amour.

 

 Encore faut-il que le désir soit présent!

 Ma dernière compagne, à la libido débridée, ne me laissait peu de temps pour me remettre.

Sans savoir si c'est l'âge ou le changement de mes priorités, je n'ai plus les frénésies d'antan, préférant presque le partage de nos têtes à celui de nos fesses. Allez dire ça à une quelqu'une qui vous déblatère que sa sexualité c'est sa spiritualité et qui voudrait sans cesse que sur le métier vous remettiez votre ouvrage.

J'avoue que depuis notre séparation, il y a un mois, je me repais de mon célibat.

 

 Aujourd'hui, ma sexualité s'inscrit dans la complémentarité d'une relation sentimentale et comme je traîne une timidité qui met du temps à s'apprivoiser, j'ai besoin qu'une certaine confiance s'instaure et j'intellectualise mon désir avant de le laisser redescendre à sa place. Je trouve une certaine trivialité dans le tripotage des chairs et il m'est nécessaire d'être amoureux pour transcender cette ambiguïté.

 

Je sais qu'en temps voulu, ma Puissance supérieure décochera une envie irrépressible pour une femme aimable et aimante et nous aurons plaisir à nous aimer...

 

Ce sujet n'est pas facile, j'espère que ces réflexions n'auront choqué personne.

Je vous souhaite à toutes et tous de bonnes 24 heures.

 

Philippe. (France)

 

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