Partage sur
unTHEME:.
LE THÈME.
"Comment
suis-je perçu(e) par mon entourage en tant qu'alcoolique abstinent(e) et quelle
importance est-ce que j'accorde à présent aux opinions d'autrui à ce propos
?"
L'OPINION D'UN MEMBRE.
Pour en venir au
thème de la semaine, je suis fort isolé, quant à ma caractéristique alcoolique,
dans mon milieu familial et socio-culturel en général.
Ma femme n'a jamais voulu entendre parler ni
des Alanons ni de la méthode des AA. Pour elle, peu importe comment j'ai arrêté
de boire. Il suffit que je ne boive plus.
Il m'arrive encore
aujourd'hui de prendre mon passé dans la figure avec violence ...
Pour mes proches,
je suis cet énergumène qui buvait comme un trou et qui n'a rien fait d'autre
que ce qu'il devait faire : rentrer dans des chemins de bonne conduite qu'il
n'aurait jamais dû quitter...
Je ne puis donc me
réjouir de mon abstinence et de mes progrès dans le programme qu'en réunion ou
avec mes amis des AA.
Mes proches s'en
fichent éperdument.
J'aurais mieux
aimé qu'il en eût été autrement mais après toutes ces années je dois bien me
résoudre à constater que l'opinion de mes proches et leur attitude à mon égard
font partie des choses que je ne peux pas changer !
J'ai donc en
vérité une "double-vie" relationnelle : Celle que je vis en famille
et avec mes relations habituelles et celle que je partage avec mes amis des AA.
A certains égards, je pourrais même avancer que la famille qui m'est la plus
chaleureuse et la plus réconfortante est ma famille des AA. Bien plus, bien
souvent, que ma famille naturelle.Il y a de ces confidences et de ces
complicités que j'entretiens avec des amis et amies des AA que je n'aurai
jamais avec ma famille naturelle.
J'en ai pris mon
parti et je vis ainsi heureux depuis de bien nombreuses années: je partage
beaucoup de choses avec ma femme et mes enfants, mais je n'ai jamais partagé avec eux les valeurs de mon abstinence !
C'est ainsi et je
ne m'en plains pas !
Jacques
P.