THEME :
COMMENT est-ce que je prie, est-ce que je
médite ?
L'AVIS D'UN MEMBRE AA :
Cela fait quelques 24 heures que j'ai
commencé à pratiquer la prière et la méditation.
Cela m'est venu tout
naturellement, petit à petit, grâce à l'exemple de membres AA que je voyais
atteindre une certaine paix, une paix humaine toute relative ("rien n'est
jamais acquis à l'Homme"), mais si différente de mes crispations
d'alors.
Et cela m'est venu si naturellement qu'il ne
m'est pas évident de répondre à la question du "comment'.
Comment est-ce que je
respire ?
Ma première réponse :
eh bien, cela se fait tout seul sans y penser !
Et puis en m'examinant
bien je peux trouver des réponses techniquement plus précises.
Mais sont-elles plus
vraies ?
COMMENT est-ce que je
prie, comment est-ce que je médite ?
C'est un peu la même
chose. Y répondre, c'est un peu compliquer ma vérité toute simple.
La voici pourtant ma
réponse à cette question:
Ma Cathédrale, mon
temple, mon lieu de méditation et prière, est de préférence la forêt de mon
enfance, ou, du moins ce qu'il en reste, la partie la plus sauvage où peu de
promeneurs s'aventurent.
Que faire lorsque l'on
marche parmi les bruits familiers d'une forêt bien connue, sinon méditer ?
Méditer pour moi c'est
entrer dans un rêve à peine dirigé
Tout en ressentant le
vent, la pluie où le soleil sur ma peau, tout en entendant les chants
d'oiseaux, le frémissement des feuilles, tous ces bruits familiers, je revis
événements, comportements.
Je revois mes
rencontres, mais je n'y mets ni jugement, ni controverse, ni rien de négatif.
Je repense à ce que
j'ai entendu.
Je repense aussi
parfois à mes lectures nouvelles ou anciennes, ouvrages poétiques,
philosophique ou scientifiques.
La méditation me
permet alors de cristalliser ces connaissances en un tout cohérent
bien qu'imprécis
C'est ainsi que
tout devient intemporel. Hier, aujourd'hui, demain, se fondent dans
l'éternité
A ce moment, je ne peux
que laisser mon esprit dialoguer avec lui-même.
Méditer, finalement,
revient à dégager en moi de petites clairières de connaissance dans mon immense jungle d'ignorance.
A me sentir alors
inclus dans cet univers dont je me sais une partie.
Consciemment, de cette
conscience rêveuse, j'avance dans ma connaissance intuitive, indicible et
partielle de ma Puissance Supérieure.
Mes pas m'amènent alors
souvent à quelques endroits privilégiés.
Le principal : mon
arbre, celui à qui étant gosse je confiais mes immenses chagrins, mes espoirs
infinis. Et qui me revoit souvent aujourd'hui.
Je m'arrête et prie.
Après la méditation
passive la prière devient la phase active de mon contact avec ma Puissance
Supérieure, qu'il m'est tellement plus simple d'appeler : "Dieu.".
Contrairement au sens
du mot, pour moi prier n'est guère demander.
Prier c'est dire, c'est
m'adresser à "Celui qui a tout pouvoir".
Prier, c'est dire ma
journée, ma vie, mes espoirs, mes craintes.
C'est dire la vie, les
espoirs, les craintes de ceux que j'aime, mes amis et amies parfois bien
lointain(e)s.
Prier c'est rendre
compte de ma méditation, ma reconnaissance d'être partie intégrante de la
Création.
Prier c'est aussi dire
merci à "Celui qui est".
Et moi, qui de famille
ne connaissais aucune prière, il m'arrive de réciter le "Notre Père"
que vous m'avez fait connaître, amis AA
Prier pour moi,
finalement, c'est dire, partager, offrir et très rarement demander !
Voilà comment plus ou
moins consciemment j'essaye d'améliorer mon contact avec Dieu. Ce Dieu
"qui est d'un autre ordre" comme dit l'Abbé Pierre.
Amicalement à toutes et
tous
Robert S. alcoolique