LE
THEME.
La ou les peurs, mes peurs.
L'AVIS
D'UN MEMBRE.
Chers amies et amis,
Je crois qu'un des plus grands bénéfices de l'abstinence aura été celui-là
: me faire perdre mes PEURS.
Mais alors quand on dit "PEUR" il faut pouvoir décrire ce
que cela a été vraiment.
Le dictionnaire dit : émotion qui accompagne la prise de conscience
d'un danger.
Mais non, ce n'est pas cela ma peur connue à l'époque où je buvais.
C'était une trouille indicible, indescriptible, effroyable, un sentiment de
paralysie des bras et des jambes devant ce que j'avais pu faire ou surtout QUE
JE CROYAIS AVOIR PU FAIRE quand je ne me souvenais plus de ce que j'avais fait
les heures ou les journées et nuits précédentes.
Et puisque ces peurs n'avaient pas de motif précis mais étaient les
peurs de ce que j'aurais pu faire et que j'ignorais, j'avais la terreur de tout
: du courrier dans la boîte aux lettres, du téléphone, des voyous que j'avais
côtoyés dans les clandés ou les bas quartiers de la ville. ( En effet j'allais
souvent le perdre aussi dans les bas-fonds du jeu organisé par le milieu )
Ces peurs indescriptibles qui me paralysaient totalement dans toute
action étaient génératrices d'angoisses insupportables.
Je me suis retrouvé cent fois, couché par terre, en sueurs, le cœur
haletant, parfois avec deux médecins à mes côtés. J'étais dans un tel état de
pâleur et de tremblements que mon entourage appelaient les urgences ! J'étais
tout simplement prêt à crever ! Et rien ni personne ne pouvait me soulager.
Et je n'avais rien d'autre comme maladie que cette
épouvantable"peur"
Ces peurs m'ont fait vivre des nuits épouvantables.
Seul, dans le noir, les yeux ouverts, sans jamais trouver le
sommeil, je me sentais torturé par ces effroyables pensées que je ne maîtrisais
pas. Pour finir, je n'avais même plus peur de quelque chose de spécifique qui
aurait pu provoquer cet état. La peur et son enfant l'angoisse était devenue un
sentiment habituel, pernicieux, débilitant et ravageur.
Quand j'ai eu arrêté de boire, rapidement ces peurs m'ont
quitté. De mener une vie plus équilibrée et saine, organisée et sage m'a
vraiment rendu la paix. Cela a été un des premiers grands cadeaux de l'abstinence
et de la sobriété ! Et j'y tiens !
Et je peux dire que si depuis de très nombreuses années, je ne suis
plus retourné à l'alcool, c'est en grande partie pour ne plus avoir aussi à
affronter ces effrois épouvantables qui m'ont taraudé dans mon alcoolisme actif
et que l'abstinence à étouffés.
Amicalement
Jacques P.( Chênée – Liège – Belgique)