Partage sur un THEME: .

LE THEME

Depuis que je suis sobre, suis-je libre de toute dépendance?"

L'AVIS D'UN MEMBRE

Bonjour amies, amis de aa-francité.

 

Me suis-je libéré de toute dépendance?

 

Je ne le crois pas. Tant que je serais vivant, je ne serai jamais sans dépendances.

Du moins je l'espère. Car ce serait : ne plus aimer, ne plus rêver, ne plus partager une peine, ne plus offrir et s'offrir une joie, .......

(Je n'oublie pas l'exemple d'un ami AA, conscient de sa mort proche, qui a aimé sa vie jusqu'au bout, la mort inclue. Sa mort.)

 

Mais en dehors de ces dépendances que j'aime, il y a celles que j'ai subies ou que je subis encore.

A mon arrivée en AA, il y avait les deux dépendances évidentes que malgré ma malhonnêteté intellectuelle j'avais de plus en plus de peine à me dissimuler.

C'était ma dépendance envers ces deux produits chimiques : l'alcool et la cigarette.

(Mon subconscient m'avait heureusement empêché de tester d'autres drogues chimiques. Il savait lui que j'ai un cerveau de dépendant, et que je ne pourrais me limiter.)

 

Dieu a permit que je pousse, ivre la porte d'un local AA, et que j'en ressorte abstinent.

De nombreuses années dans l'alcool, trois ans sans dessaouler et un soir : le Miracle !

Pour être complet j'ajouterai cependant que ce ne fut pas une sinécure. Trois jours de torture physique et mentale, et des mois où l'obsession sournoise refaisait périodiquement surface.

 

Je me suis débarrassé de la seconde dépendance (60 à 80 cigarette par jour) près d'un an après l'alcool. Un miracle m'avait rendu la liberté et le goût de la liberté en me débarrassant de l'esclavage alcool, un autre me rendit prêt à arrêter de fumer. Je pris la décision un samedi midi. Ce fut moins dur que pour l'alcool, mais l'obsession a perduré plus longtemps. Encore aujourd'hui, lors de grosses perturbations émotionnelles, je me surprends à chercher la cigarette avant de penser à l'alcool.

 

Et mes autres dépendances.

J'ai trois dépendances principales: Les autres, la vie, et ma Puissance Supérieure.

 

Les autres, j'en ai été dépendant et je le serais toujours.

Je suis dépendant de vous tous mes amis et amies de AA-FRANCITE. Lorsque je ne vous lis plus, lorsqu'un "vieux" membre de notre groupe nous quitte, je me sens appauvri.

Je suis dépendant de tous ceux que j'aime et aussi de ceux qui, je crois, souffrent.

Cette dépendance "d'être", je tiens à la garder. Ce que j'essaye, de perdre, c'est la dépendance du "paraître", ce comportement qui cherche à plaire non pour le plaisir de 'l'autre" même pas pour mon plaisir, mais pour un prestige vain et futile.

En relation avec cette dépendance des autres, il me reste aussi ces vieux conditionnements. Ces comportements que petit à petit j'ai reproduits comme un perroquet reproduit des sons sans signification réelle pour lui. Ce sont toutes ces maximes, idées, que j'énonce comme si c'était des vérités absolues alors que ce ne sont au plus que des vérités de circonstance, quand ce ne sont pas des sottises emballées dans un bas de soie.

Je me pose parfois la question : "Pour suivre l'idée du temps, au Moyen-Age aurais-je construit des bûchers et sous Hitler, des camps de concentration ?". N'est-ce pas à cela, toute proportion gardé que mène finalement tout embrigadement ?".

Où serait alors ma liberté d'être?

"Dieu a crée l'homme libre". Et ne serait-ce pas gâcher cette liberté que de ne pas m'en servir, avec humilité et bonté certes, mais au risque de me tromper !?

Périodiquement je relis, et notre Bill (ses articles sur ses dépendances ), et le "Tartuffe" de Molières. et dès qu'honnêtement j'identifie les mêmes racines dans mes réactions, je sais que de nouveau je retombe dans des dépendances outrancières et malsaines.

 

La vie, ma vie, je l'aime aujourd'hui. Je ne suis pas un ascète. J'aime ce qui est beau, ce qui est gai, ce qui es bon.

Je suis gourmand de la vie. Mais j'essaie de limiter ma gourmandise avant que "envie et plaisir" ne devienne "besoin".

Que ne se répète plus cette aberration : envie et plaisir du vin devenant incontrôlable besoin d'alcool !

 

Il reste ma troisième dépendance : ma Puissance Supérieure.

Qui d'autre pourrait me donner cette sécurité émotionnelle que je m'obstine encore parfois à exiger d'autres êtres humains?

Cette dépendance envers une Puissance Supérieure, je ne l'ai pas choisie. Elle était là cachée et je n'en ai pris conscience petit à petit, non sans révolte au début.

Cette dépendance est pourtant, la seule qui rend libre.

 

Fasse Dieu que je ne la perde jamais !

 

 

Amicalement à toutes et tous

Robert S. alcoolique.

 

Haut du document