Quand vous
êtes arrivés chez Alcoolique Anonyme avez vous admis immédiatement votre
impuissance devant l'alcool et la perte de la maîtrise de votre vie ?
Qui veut s'avouer totalement vaincu? Presque personne évidemment.
Tous nos instincts naturels se rebellent à l'idée de l'impuissance personnelle.
Il est vraiment intolérable d'admettre que nous avons pu, le verre à la main,
nous fausser l'esprit au point d'être hantés par une telle obsession
destructrice de boire que seul un acte de la Providence puisse nous en libérer.
Extrait de : Les douze étapes et Les douze traditions. (p. 23)
Bonjour à
toutes et à tous
NON QUAND je
suis arrivé en AA, je n'avais absolument pas admis que j'étais impuissant
devant l'alcool et que j'avais perdu la maîtrise de ma vie. Je ne suis pas venu
en AA pour arrêter de boire mais pour modérer et apprendre à gérer ma
consommation d'alcool.
Je n'ai
bien entendu pas accroché directement et il m'a fallu être hospitalisé pour
avoir le déclic nécessaire.
Même en étant abstinent, il m'a fallu un
certain temps pour admettre que j'étais impuissant devant l'alcool et que je
devais capituler. Je pinaillais sans doute sur les mots et contestais le mot
"capituler", voulant le remplacer par "vaincre
l'alcool".Fierté ou orgueil ? Ou uniquement envie de faire c... mon monde
? Je préfère ne pas le savoir.
Par contre,
j'ai admis relativement rapidement que, pendant ma consommation d'alcool,
j'avais perdu la maîtrise de ma vie.
Même pour
moi qui ai toujours voulu tout régenter dans ma vie et aussi autour de moi,
cela a été assez facile. peut-être parce que cela me convenait hypocritement
(j'avais fait des conneries, mais ce n'était pas ma faute puisque je ne me
maîtrisais plus).
Lors de ma
présentation dans les réunions, il m'a fallu également beaucoup de temps avant
de dire : José, malade alcoolique. Tout d'abord, j'ai dit :
"alcoolique" - je le reconnaissais assez facilement mais je
contestais que l'alcoolisme soit une maladie, estimant être pour une bonne part
responsable de ma déchéance (donc contradiction avec le fait que je
reconnaissais avoir perdu la maîtrise de ma vie).
Après
quelques mois et beaucoup de lectures - pas nécessairement AA mais plutôt
statistiques, médicales et sociologiques - je me suis reconnu malade
alcoolique.
Je dis
aussi "je n'ai pas de problème avec l'alcool" - ce qui est faux comme
le disait une amie dont j'ai bien aimé le partage. Je vais d'ailleurs dire en
réunion ce soir, pour tester (ceux qui m'auront lu : chut !): j'ai un problème
avec l'alcool... temps mort... mais je
n'ai pas eu soif cette semaine malgré de gros problèmes.
On verra
les réactions !
Je vous
quitte, une urgence
José (Seraing)