Partage sur un THEME:
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THÈME
PROPOSE
L'importance du
"partage" en AA
L'OPINION D'UN MEMBRE
Chers
amies et amis,
Quelle
importance primordiale a le partage dans notre méthode ?
Avec
l'identification, c'est la pierre d'angle de notre rétablissement.
En
effet, seuls, nous avons toujours été incapables de trouver une solution à
notre problème d'alcool. En le partageant avec autrui qui connaît le même
problème, la solution est intervenue.
Ce phénomène se perpétue depuis Bill et Bob.
Entre membres du mouvement, on s'exprime spontanément, sans réserves ou
craintes. On partage en AA ce qu'on ne partagerait pas dans la vie normale avec
des parents, des amis habituels, des voisins ou des collègues. La relation avec
un autre alcoolique est intimiste et confidentielle. Premier secours donc :
bien-être personnel dû à sa possibilité d'expression libre.
D'autre
part, par le partage, celui qui reçoit prend ce qu'il veut bien prendre de ce
qui lui est transmis mais surtout, le plus souvent, il s'identifie à l'autre, ce
qui donne à ce qui est dit une valeur exceptionnellement riche.
Exemple
: Un alcoolique et un psychologue se parlent. Les bienfaits de la libération
existent chez l'alcoolique qui s'exprime mais le partenaire psychologue n'aura
jamais la force de compréhension et n'obtiendra jamais la confiance qu'obtient
le partenaire alcoolique, aussi averti et adroit soit-il. Le psychologue est à
la périphérie du problème de son patient. L'autre alcoolique est à l'intérieur
du problème. C'est essentiel !
Et
quand on transmet le message, on ne sait jamais ce qui passe ou ne passe pas.
J'ai
à cet égard une petite anecdote qui prouve bien qu'en transmettant le message
et donc en partageant, il ne faut pas présumer de ce qui sera transmis.
Il suffit de rester simple.
Je connais le mouvement depuis 32 ans. J'ai fait quelques
rechutes, malheureusement, mais je suis abstinent dans la continuité depuis 10
ans maintenant. (une rechute après plusieurs années d'abstinence pourtant !)
Un jour, je suis interpellé en rue par un monsieur qui
arrête sa belle voiture "Mercedes" à ma hauteur. Il me dit :
" N'es-tu pas Jacques P. de Chênée ? (mon patelin de
l'époque ).
"Si, mais toi, qui es-tu qui me connais si bien ?"
"Je suis Louis", répondit -il," Louis
d'Othée".
Bon sang ! Louis! Il s'agissait d'un alcoolique. Il avait
fait appel 20 ans plus tôt. Il croupissait alors dans une crasse immonde, la
bouteille à la main. Je l'avais ramené chez moi pendant quelques jours. Il
avait obtenu gîte et couvert pendant quelques temps et nous avions fréquenté le
mouvement ensemble. J'avais eu de nombreux échanges avec lui, puis on s'était
perdus de vue.
Et voici que Louis me dit :
"Tu sais j'ai refait surface, j'ai retrouvé famille,
amis et métier. Je suis abstinent depuis 20 ans, et c'est à toi que je le
dois!"
Mon ami Louis allait un peu vite pour indiquer que s'il était
abstinent, c'était grâce à moi ! Il devait son abstinence et son bonheur
retrouvé à son application à suivre le programme et la méthode des AA. C'est
évident.
Je ne tire nullement gloire de ce qu'il m'avait dit là !
Mais c'est ce fut sa réaction première de m'attribuer la
réussite de son abstinence.
Je raconte cela
simplement pour témoigner que l'on ne connaît jamais la mesure du bienfait
qu'on peut donner (et donc aussi recevoir) quand on propage le programme par
l'échange. Cette anecdote en est un témoignage !
Qu'avais-je
donc dit à Louis de si percutant pour que 20 ans après, il revienne avec des
mots d'une telle reconnaissance, alors que moi, de mon côté, j'avais parfois
rechuté et connu de nouveau l'errance. Je n'en sais rien et c'est sans
importance.
L'important
donc est ce qui est dit et non celui qui le dit. Nous sommes les vecteurs d'un
message. Nous ne savons jamais ce qu'il peut engendrer.
Le partage est la
richesse du mouvement des AA.
Fraternellement,
Jacques