Partage sur un THEME: Ma troisième Etape.
"Nous
avons décidé de confier notre volonté et nos vies aux soins de Dieu tel que
nous le concevions."
Le Partage de Robert.
Bonjour mes amies et amis de AA-FRANCITE.
Le thème de cette semaine a réveillé un bien vieux souvenir.
Comme
un chiot qui court après sa queue, j'ai longtemps couru vainement de
première en douzième étape en oubliant entre les deux le corps de notre programme.
j'ai vainement cherché ce relèvement spirituel promis dans nos 12 étapes
Comme le
chiot, je n'attrapais rien si ce n'est l'illusion de transmettre le message
Plus précisément en dehors de la transmission du message (en fait le mien)
j'avais conscience d'avoir adhéré à nos deux premières étapes : Reconnaître mon
alcoolisme (1ere) et frapper à la porte d'un local AA (l'aide d'une puissance
supérieure pour mon problème d'alcool.)
C'est un soir de juin en sortant d'une réunion dans un groupe hôpital que
quelque chose a changé en moi.
J'en ai
déjà fait le récit.
Le
revoici:
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Quelque chose a changé.
Il y à de cela ... quelques
24 heures.
C'était en juin. J'étais un nouvel
abstinent de deux mois, encore hésitant sur mon devenir.
Je sortais d'un groupe hôpital où je
venais d'apporter mon témoignage d'ivrogne abstinent depuis peu, et de
recueillir celui des autres.
Il faisait beau, et clair encore,
malgré l'heure tardive.
Je repassais en mémoire le sujet
débattu entre nous, la troisième étape: "Nous
avons décidé de confier notre volonté et nos vies aux soins de Dieu tel que
nous le concevions."
Il me sembla que quelque chose
autour de moi avait changé.
L'air me devint plus léger. C'était
indéfinissable.
J'étais en paix pour la première
fois depuis une éternité.
J'étais toujours seul sans contact
avec ma famille et sans travail sérieux, et pourtant j'étais, tout à coup, en
harmonie avec l'univers.
Je ne comprenais pas bien ce qui
m'arrivait, je ne cherchais d'ailleurs pas à comprendre.
Instinctivement, j'avais admis que
l'important n'était pas de comprendre mais de me laisser imprégner par la magie
de l'instant. Il me suffisait de cueillir ce moment de le respirer et de le
savourer.
J'étais alors un mécréant et
consciemment il m'était impossible d'accepter cette étape.
Je
ne l'ai d'ailleurs admis sans restriction que beaucoup plus tard.
Mais plus fort que la raison, je
sais aujourd'hui qu'au fond de moi, là où le rationnel n'a pas sa place,
j'avais franchi une marche sur l'escalier de l'Esprit AA.
Ils ne savent pas mes amis AA
d'alors, eux que je ne vois plus du tout, ou si rarement, combien ils m'ont
sans savoir apporté ce jour.
Ils n'étaient pas des dieux, ils
n'étaient pas des saints. Ils étaient comme moi, des êtres vivants échappés de
l'enfer et qui cherchaient l'espoir au-delà de leurs mesquineries du jour.
Ce soir ce souvenir renaît en moi.
L'essentiel, c'est qu'il fait revivre en moi un peu de cette paix et confiance
d'alors.
Depuis, j'ai avec mes amis débattu
maintes fois de cette étape et des onze autres. J'ai été heureux et désespéré,
serein ou colère, j'ai continué à vivre, souvent bien, parfois mal; mais j'ai
oublié l'obsession de boire et surtout le désespoir.
Peut-être est-ce soir là que, à mon
insu, cette grâce m'a été donnée.
Dieu (tel que je le conçois) fasse
que je ne la perde jamais.
Dieu fasse que je puisse la transmettre à celui ou celle
qui l'espère.
Robert (alcoolique).
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