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THÈME:
Comment suis-je venu à
croire qu'une puissance supérieure à moi-même pouvait me rendre la raison ?
(Deuxième
Étape)
L'OPINION D'UN MEMBRE:
Un
jour, je me trouvais à Lisieux, avec Ste Thérèse où je vais très souvent.
Comme
me disait un ami, prêtre ouvrier "cette môme, elle me fout des complexes,
elle avait compris à 26 ans (ce que moi, comme un c..., j'ai du mal à
piger à 70 ans) que l'important dans la vie, c'est la quantité d'amour que l'on
y met"
J'étais
seul, c'était le soir sur la montée de la basilique, à coté de la cabine
téléphonique où j'avais appelé les amis pour me réconforter. Je me disais:
"j'ai loupé ma vie, je suis célibataire, je n'ai pas eu une carrière
professionnelle transcendante, je suis alcoolique, je ne sers à rien, je ne
laisserais rien derrière moi, ma vie n'aura servi à rien".
Et
puis, je me suis remémorer les moments agréables de ma vie, ceux qui comptaient
pour moi. Je me suis aperçu
que ce n'était pas des moments de réussite au sens ou le monde les entend, mais
des histoires d'amour au sens noble du terme : un chantier dans les bidonvilles
de Noisy-Le-Grand près de Paris, les responsabilités syndicales que j'avais
assurées pendant un temps. Bref des moments où j'avais espéré, aimé avec
les copains.
Et
puis, me sont revenus les souvenirs de mon alcoolisme, le bar où je m'étais
fait expulser, les dents du chien que le patron avait lâché sur moi, le sourire
goguenard du flic qui avait refusé de m'emballer alors que, non content d'avoir
menacé le patron, j'avais eu le toupet d'aller me plaindre au commissariat... .
Je
me rappelais cette nuit où m'étant endormi dans le dernier train de banlieue
j'étais tombé sur ce type qui m'avait reconduit chez moi; le jour où, n'étant
pas trop bourré devant la télévision, j'ai entendu le témoignage du Père Duval,
ce jésuite qui a osé dire qu'il était alcoolique alors qu'il avait une certaine
notoriété, au mépris des grenouilles de bénitier qui s'agitent encore.. .
Tous
ces moments étaient de moments d'amour partagé et donné comme ceux que nous
vivons en ce moment en partageant notre sobriété.
François-Xavier
(France)