"NOTRE PROBLEME D'ALCOOL N'ETAIT QU'UN SYMPTOME.

Nous devions donc nous attaquer aux causes.

(«Les Alcooliques anonymes» p. 58 : Notre méthode).

 

 

Qu'il soit bien acquis en effet que le souci des trouver les causes de notre alcoolisme doit être bien compris.

Et surtout pas dans l'imaginaire (qui peut nous avoir guettés un jour ) que de trouver la cause induirait un remède approprié qui nous permettrait de retrouver une consommation "sociale" ou "modérée".

Il est donc intéressant de bien lire tout le contexte donné lorsque cette "phrase" a été lancée.

Alcoolique je suis, alcoolique je reste. Rien ne sera jamais plus comme avant des mes rapports avec l'alcool.

J'ai un jour "définitivement" dépassé la ligne rouge qui a fait de moi un alcoolique dépendant. Le passage de cette ligne ne connaît pas de retour possible à la consommation.

Preuve ? C'est très simple : chaque fois que j'ai réessayé, je me suis lamentablement cassé le nez dans la détresse et le désarroi...

Cette expérience vaut pour moi toutes les littératures ou débats du monde.

Mais en quoi cette affirmation m'attire-t-elle par contre ?

Non pas en ceci que je pourrais imaginer que trouver la cause donnerait un hypothétique remède.

Mais ma qualité d'alcoolique abstinent me détermine à veiller A MIEUX ME  CONNAITRE

Pour cela, il y a eu préalablement trois passages obligés :

- reconnaître mon alcoolisme

- l'accepter

- confier mon sort "à plus fort que moi ", à "Dieu" tel que je le conçois. Mes ressources personnelles, je les avais largement épuisées.

C'est à partir de là selon moi que je puis m'intéresser aux causes. Et toujours dans un but d'efficacité.

C'est par l'effort de connaissance de moi-même que je prends en compte mes données personnelles et que je rejoins les causes de mon alcoolisme. C'est la quatrième étape (que je n'ai pu faire seulement qu'après avoir acquis un petit

bout de paix)

Chez moi, indiscutablement, il y a trois causes essentielles dans mes traits de caractère :

- Une excessivité émotionnelle exacerbée.

- Un manque de confiance en soi essentiel.

- Une dépendance incroyable à l'opinion d'autrui.

C'est là-dessus que je dois toujours travailler essentiellement. Ce sont mes pièges fondamentaux.

Ce sont mes repères dans la recherche de mes traits de caractère essentiels et sur lesquels je puis travailler, dans le but de mieux me connaître pour ne plus boire assurément, mais surtout pour vivre heureux dans mon abstinence.

Ces trois éléments sont pour moi essentiels. Ils découlent d'une recherche attentive faite avec d'autres ( y compris un psychiatre à l'époque) comme la méthode le suggère.

Mais il ne convient pas de mettre la charrue avant les boeufs comme je l'ai trop fait dans les années '70.

J'au rêvé, à l'époque, de trouver un remède à mon alcoolisme dans le cadre d'une consommation modérée illusoire.

On a eu beau me prévenir.

Rien n'y a fait et il a fallu que j'expérimente très durement la vie d'alcoolique actif avant de rendre les armes et d'abandonner un marathon toujours perdu d'avance.

Mieux me connaître c'est en effet mieux savoir qui je suis pour tenter de modérer mes états d'âme afin de commettre moins "d'erreurs" ou de ne plus crouler dans les "faiblesses" ( termes que je préfère à celui de "fautes")

Alors seulement suivent les autres étapes.

Ce sont là mes réflexions et mes convictions de ce soir.

J'aimais à les partager.

 

Jacques - alcoolique et joueur compulsif abstinent

(co-fondateur du premier groupe en ligne aa-francité)

 

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