Partage sur un THEME

 

 

LE THEME.

L'ACCEPTATION

 

L'AVIS D'UN MEMBRE.

 

Bonjour à tous. Patrick, alcoolique abstinent pour aujourd'hui.

 

Merci Ruth  pour ce thème : L'acceptation. (je sais même plus si c'est toi qui nous l'as envoyé...)

 

Vaste sujet dans lequel j'accepte de me lancer.

La première chose que j'ai accepté, et non des moindres, c'est que je suis malade alcoolique. Le vrai départ, le premier acte de bon sens depuis longtemps, depuis toujours. Je l'ai accepté parce que j'étais battu, laminé, et aussi parce que pour la première fois de ma vie, j'entrevoyais une vraie solution avec ces gens qui allaient très vite devenir mes amis. Une solution qui est devenu MA solution, sans l'ombre d'un doute aujourd'hui. Ces amis qui étaient passés par où j'étais à ce même moment. 100 fois battus et surtout attiré par toutes ces preuves vivantes autour des tables, je ne pouvais faire autrement qu'essayer d'emprunter le même chemin, "essayer" comme on dit chez nous. (en A.A.). Le maître mot !

 

Des lors et petit à petit, j'ai commencé à prendre conscience que l'acceptation (cette 1ère Etape) pourrait me servir dans bien des domaines de ma nouvelle vie. Lâcher prise avec l'alcool fût mon "premier exercice d'acceptation" mais il n'est q'une infime partie du problème, et si je ne veux pas revenir un jour vers ce poison, si je veux trouver un peu de confort dans cette vie, je dois apprendre à lâcher prise dans d'autres domaines, pour moi, aucun doute là dessus.

Les plus importants pour moi, ce qui m'est venu en premier à l'esprit, furent d'ordre affectif, le pire : les deuils. Pas facile, mais très important d'avoir ce nouvel espoir. Sur le plan affectif, aujourd'hui, je sais ce que je veux et surtout ce que je ne veux plus. Faire souffrir et me laisser étouffer dans une relation fausse et en demi-teinte, j'ai suffisamment expérimenté et ré expérimenté, assez pour choisir dorénavant de vivre seul en attendant de trouver la "relation épanouissante"peut-être un jour. Plus de relation destructrice, pas plus que de relation fusionnelle, ces relations immatures ; trouver une certaine "distance", un truc "respirable" pour les deux parties, un peu plus adulte... Si elle se présente tant mieux, si non, ce n'est pas la fin du monde pour moi, ça ne l'est plus.

Ou est l'acceptation là dedans ? Et bien c'est fort simple : si je rencontrais quelqu'un, que je lui donne toute ma confiance et que je m'aperçoive que je suis trahi ou que j'ai trahi, ce serait de suite une décision de couper, pas de rafistolage, pas de demi-mesure, pas de "deuxième chance de malhonnêteté", donc l'acceptation de souffrir. Souffrir oui, mais je fais un choix entre souffrir quelque temps en ayant une chance de me remettre et souffrir à nouveau comme pendant des années et peut-être de retomber très bas, d'où... mon choix. Quand c'est fini, c'est fini, l'accepter et continuer son chemin.

 

L'acceptation de ce que je suis avant tout et de ce que je ne serais jamais. Accepter d'essayer d'arriver à être moi-même un jour, de ne plus marcher à côté de moi, c'est pour moi trouver la plus grande des libertés. Ne plus croire que je suis un minable, pas plus qu'un être exceptionnel qui attend son heure pour éblouir son monde de milles feux, qui n'est pas reconnu comme tel : juste un homme qui s'assume, fait de défauts, de qualités, de déficiences, de forces et de faiblesses, de joies et de tristesses.

 

Mais l'acceptation à des facettes plus ardues ! En ce moment, je vis une situation très pénible. Ma marraine, une femme que j'adore, qui a été la "barque" qui m'a fait traverser le gué pour accrocher au mouvement, une barque que je nommerais l'Amour, est en train de partir tout doucement, elle nous quitte, touchée par une grave maladie qui pourtant, ne lui enlèvera pas sa vie physique, je trouve que c'est pire.

Devant ce diagnostique qualifié d'irréversible par les médecins, je ne peux qu'essayer d'accepter cette évidence et d'une certaine façon j'y arrive car ma raison m'y contraint. En fait, c'est ma tête qui y arrive mais mon cœur et mes tripes ont plus de mal à s'apaiser, à cicatriser. Le côté affectif.

Peu à peu, je fais ce travail, de jour en jour j'arrive à me tourner vers ceux qui restent et que je dois "me dépêcher" d'aimer à fond et du mieux que possible ; c'est la seule solution, pour moi c'est seulement du bon sens et du respect de la vie. Accepter toutes ces choses que je ne peux changer et respecter toutes ces autres qui s'offrent à moi. Mon gamin est à mes côtés, en pleine santé, c'est à lui que je dois penser, et aux autres. Personne ne m'appartient, tous partiront un jour, ce jour je ne le connais pas et heureusement, alors c'est maintenant que l'on doit profiter du moment présent qui nous est offert, ne pas attendre le temps des regrets... inutiles, encore une forme d'apitoiement. Jamais je ne pourrais oublier ceux que j'ai aimés, je ne le veux ni le peux, mais me torturer avec leur souvenir, c'est vouloir souffrir inutilement.

Accepter que cette vie m'est prêtée, que tout les biens que je possède aussi et que tous ceux que j'aime ne seront pas à mes côtés indéfiniment, voilà tout ce que j'ai à comprendre, puis à accepter. Un temps imparti pour chacun, on sait quand ça commence mais jamais quand ça finira ; Entre ces deux pôles, une seule chose à faire sans perdre de temps : VIVRE du mieux possible, en recherche d'harmonie et de "fraternité" avec les autres sur cette terre.

 

 Pour un ami qui souffre encore, qui continue à boire, que je vois autour des tables ou ailleurs, c'est pareil. Je n'ai plus à lui dire de poser le verre, c'est v.a.i.n. ("l'inutilité des conseils"). Tout ce que je peux faire et c'est un devoir, c'est partager sur mon rétablissement sans tricher, à lui de voir si mon comportement lui donne l'envie de commencer enfin, d'essayer ce chemin des Douze Etapes ou pas. Son choix ne m'appartient pas, mon amour peut peut-être le sauver, pas ma complaisance et encore moins mon orgueil qui me pousse à le convaincre comme un professeur imbu.

L'acceptation de voir celui que j'aime souffrir ou partir n'est pas une mince affaire, en théorie c'est relativement simple, en pratique ça l'est beaucoup moins. Si j'ai la foi, tout est différent ; une autre dimension qui me ramène à ce que je suis : un être humain de passage. Une dimension à SA dimension, plus à la mienne.

Aujourd'hui, j'accepte de vivre et j'accepte qu'un jour je vais partir. J'accepte les erreurs d'hier en essayant d'en tirer les enseignements et celles de demain je n'y pense pas, sachant que demain est la chose la plus incertaine dans laquelle je n'ai pas à me plonger si je ne veux pas me créer de douleurs pour des maux encore inexistants.

 

J'ai accepté de tout mon cœur d'appartenir à ce magnifique mouvement et la vie s'est mise à m'ouvrir ses bras, alors je continue à profiter de ces moments de chaleur humaine et j'espère que cela ne finira jamais, jusqu'à mon dernier souffle de vie, à bout de souffle. (De trop rire, qui sait ? ... ; -))))

 

Bonne continuité dans vos 24H00.

 

Patrick, alcoolique abstinent et heureux, dorénavant.

 

 

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