Ventile tant que de besoin !

(l'aide en ligne entre membres de aa-francite.org)

 

Bonjour S*****, bonjour toi qui me lis,

J'espère que tu vas bien. Me voici rentrée d'un séjour éclair en Cornouailles avec mon compagnon, en conge pour un mois. Fatigante, la route, (plutôt) pourri, le temps, ce qui n'est guerre surprenant dans ce pays, mais géniaux l'abstinence en couple, les paysages, les moments, et l'atmosphère des lieux que nous avons fréquentes.

S*****, je lis comme je peux sans doute dans le désordre, que tu passes des moments difficiles, et que tu n'es pas la seule, d'autres également, peut-être, silencieusement.

"Ventiler ses émotions", comme je l'ai lu sous le clavier d'un autre membre, ailleurs, fait partie du parcours suggère en AA : ventile, ma belle, ventile ! Je partage le point de vue de L*****, ce ne sont pas des problèmes de midinettes, c'est la vie !

Elle nous met des "épreuves" que nous pouvons toutes et tous traverser sans reboire, parce que rien ni personne ne vaut que je me tue à petit feu comme c'était le cas avant en reprenant le premier verre d'une forcement longue et interminable série pour moi, alcoolique.

Ventile tant que de besoin !

Ce qui reste au-dedans me pourrit assurément l'abstinence... surtout quand c'est pas bon, quand c'est amer, remout, nauséeux, etc., quand c'est triste, mais pas seulement !

Si tu peux savourer la victoire d'un jour, 24 heures, sans boire, tu as déjà fait ce qui relevait pour moi de l'impossible avant d'entrer plus avant dans le Programme. Action, ai-je lu comme thème de la semaine...

Vas-tu en réunions ? As-tu un programme pour chaque journée, comme le suggère... je crois que c'est M
 *****  ? Services AA ?

Arriver un peu plus tôt pour mettre les chaises autour de la table, aider à préparer le café, a sortir la littérature, dire un bonjour par-ci, un autre par-la, dire quand ça va pas, plutôt que répondre "tout baigne" quand tout hurle en toi la douleur de la perte, ...

Je ne sais pas, écrire, participer encore et encore en sachant que tu n'es plus seule. J'ai vécu de nombreux échecs sentimentaux avant d'arriver la ou je suis aujourd'hui, et 8 ans après le début de nos relations actuelles, chaque jour, sur le métier, je dois remettre cet ouvrage exigeant de nombreux efforts : l'amour.

AA m'y aide constamment, ne serait-ce que justement par ces simples 24 heures...

Y'a des hauts, y'a des bas, et chaque jour, je me dis que les hauts valent bien tous les bas. Ton chagrin passera d'autant mieux que tu sauras rester près de toi-même, en ne reprenant pas le 1er verre.

N'aie pas peur d'en parler, de partager sur le sujet qui te préoccupe à longueur de temps autant que de besoin en réunions et ici, tous les groupes de la Terre sont là pour ça. Aie confiance que ce qui se passe, c'est pour que le meilleur de S
 *****  puisse enfin paraître, un jour a la fois. Ca marche !

Et si je ne m'exprime pas au milieu de ceux qui me comprennent le mieux, ou le ferai-je ?

Prends bien soin de toi, décidément et avec confiance que ça va s'arranger, car CA VA ALLER ! L'important d'abord !

Et oui, moi aussi, j'aime beaucoup le "Garde ça simple"... même si ça n'est "que" pas prendre le 1er verre pour aujourd'hui, pour moi, et pour tout(e) alcoolique que je connais, c'est déjà énorme ! Miraculeux en soi...

Bravo pour tes 24 heures ! Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières, rappelle-toi.

Porte-toi bien (le reste suivra !),

Une alcoolique convalescente, un jour a la fois

 

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